Pour les salariés qui songent à quitter leur emploi sans passer par la case démission ou rupture conventionnelle, l’abandon de poste est la seule option possible. Cette absence injustifiée et prolongée qui laissait planer un certain flou juridique a longtemps été considérée comme une stratégie pour accéder aux allocations chômage. Cependant, depuis la loi du 21 décembre 2022 qui est devenue pleinement effective en 2025, les règles ont considérablement changé. Si vous envisagez cette option, il est fondamental de comprendre les implications directes sur vos droits.
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L’abandon de poste donne-t-il accès au chômage en 2025 ?
En 2025, un salarié qui abandonne volontairement son poste et ne reprend pas le travail après avoir été mis en demeure par son employeur est présumé démissionnaire. C’est le principal changement apporté par la loi du 21 décembre 2022. En effet, auparavant, l’employeur devait souvent engager une procédure de licenciement pour faute grave, ce qui donne droit aux allocations chômage pour le salarié. Ce n’est plus le cas désormais grâce à la présomption de démission qui entraîne la privation du droit aux indemnités chômage.
L’objectif principal de cette mesure est de mettre fin aux situations où l’abandon de poste était utilisé délibérément comme un moyen pour obtenir l’assurance chômage. Concrètement, en 2025, quitter son travail sans justification et ignorer les relances de votre employeur équivaut à une démission volontaire, ce qui ferme ainsi la porte aux indemnités de France Travail.

Comment l’employeur doit-il constater la démission en 2025 ?
Il est important de souligner que cette présomption de démission n’est pas immédiate ni automatique dès votre première absence. Pour qu’elle soit légalement établie, votre employeur doit impérativement respecter une procédure précise. D’abord, il doit constater votre absence injustifiée et votre manque de réponse. Ensuite, il doit vous envoyer une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge. Cette mise en demeure doit :
- vous demander de justifier votre absence ;
- vous enjoindre de reprendre votre poste de travail ;
- fixer un délai précis pour votre réponse ou votre retour. Ce délai ne peut être inférieur à 15 jours calendaires (samedi, dimanche et jours fériés inclus) à compter de la réception de la lettre :
- mentionner clairement qu’à défaut de réponse ou de reprise du travail dans le délai imparti, vous serez présumé démissionnaire avec pour conséquence la fin du contrat de travail sans droit aux allocations chômage.
Seulement si vous ne répondez pas ou ne reprenez pas votre poste dans ce délai minimal de 15 jours, l’employeur pourra acter la rupture du contrat de travail pour cause de démission présumée.

Que faire si votre absence était justifiée par un motif légitime ?
Votre absence prolongée est liée à un motif légitime comme un problème de santé soudain ? Ou vous estimez que l’employeur n’a pas respecté la procédure ? Premièrement, il est primordial de répondre à la mise en demeure dans le délai imparti en apportant les justifications nécessaires et, si possible, des preuves (par exemple un certificat médical). Cette réponse écrite est votre première ligne de défense.
Si, malgré vos explications ou en raison d’un motif légitime que vous invoquez, l’employeur maintient sa position et acte la présomption de démission, vous avez la possibilité de contester cette décision devant le Conseil de Prud’hommes (CPH). Le juge prud’homal examinera alors la validité de votre motif d’absence, le respect de la procédure par l’employeur et la légitimité de la présomption de démission.
Si le conseil juge que la rupture du contrat s’accorde plutôt à un licenciement sans cause réelle et sérieuse et non à une démission (votre absence était justifiée), vous pourriez alors prétendre aux indemnités liées à ce type de licenciement, dont l’assurance chômage, sous réserve de remplir les autres conditions d’éligibilité.
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